LES JOURNÉES DE LA PHOTO D'ORAN



Avez vous déjà entendu parlé des journées de la photo d’Oran, organisé par Isoclub?


Il y a pile une semaine, je préparais ma valise pour un agréable voyage à Oran. C’était pour assister aux journées de la photo. Il s’agissait de la 8ème édition, j’étais contente de pouvoir enfin y prendre part.

Mercredi : La première belle aventure, c’est d’avoir fait le voyage par route depuis Tizi-Ouzou, mais je n’ai pas eu le temps de m’arrêter pour prendre des photos. À certains endroits la vue était magnifique je pouvais voir loin devant moi, il y avait peu de montagnes contrairement à mon environnement habituel et ces paysages dégagés presque exotiques me remplissaient de sérénité.

Une fois arrivée sur mon lieu d’hébergement, je dépose mes affaires, me débarbouille rapidement, et file à l’Institut Français où se déroule la majeure partie des activités. J’utilise le GPS pour trouver mon chemin, après 10mn de marche, j’y suis enfin. C’est officiel, je participe aux journées de la photo d’Oran 2020. J’y rencontre pour la première fois les organisateurs Fayçal, Fouad, Kami et Tedj. Tous souriants. Je revois avec plaisir Samir Maouche et Nora Zaïr tous les deux photographes. Bref c’est agréable d’être là.

Au programme du mercredi 26-02-2020 une conférence de presse le soir à 17h pour informer le public du planning des vernissages et des conférences. Mais avant le lancement, je découvre les tirages de mes photos, je suis très satisfaite du rendu, tout va bien. Je termine ma journée avec mon amie Hala avec qui je discute jusqu’à 2h du matin.


Jeudi : Malgré le manque de sommeil, je me prépare et rejoint toute l’équipe à l’Institut Français pour le vernissage de l’expo ” Paris 5441 “ de Nora Zaïr. Elle présente la restitution du travail qu’elle a fait lors d’une résidence à la cité internationale des arts à Paris qu’elle a effectué l’automne dernier. 5441 est le numéro du studio qu’elle a occupé lors de son séjour dédié à la création. Dans des clichés graphiques et colorés elle nous présente des parisiens aux visages calmes et paisibles pris en photo derrière des vitrines. Dire qu’elle était partie avec l’idée de photographier le Paris de Doisneau en noir et blanc! Elle est revenue avec des images qui rappellent les oeuvres de Saul Leiter, vous savez, les photos aux couleurs chatoyantes comme red umbrella ou Soames Bantry, Nova. De ce vernissage je garde en tête une image d’un monsieur derrière une vitre sur laquelle se reflète un grand arbre.


Je suis contente, car on passe enfin un peu de temps toutes les deux, alors que ça fait des années que l’on se connaît sur les réseaux sociaux.

Après le vernissage de Nora, il y a l’expo conférence ''À la découverte des fonds marins de la Côte oranaise" par Tarik Mokhtari et Soléne Basthard-Bogain à la maison de l’environnement. Les photos nous plonge dans l’eau de notre douce méditerranée, on y admire les poissons et les récifs qui la composent.

Très rapidement retour à l’institut Français pour une interview avec Hocine Zaourar qui parle de son parcours puis s’enchaîne une conférence de Fayçal Sahbi autour de la sémiologie de l’image. Le soir, je n’ai plus d'énergie, je m’endore fatiguée mais heureuse.

Vendredi : Mieux réveillée que la veille, je repars à l’institut. Le matin, a lieu un l'atelier "Shoot and edit with your Phone" animé par Tadj-Eddine Bessekri. S’en suit une conférence de Thierry Girard qui explique le travail qu’il a fait sur plusieurs années pour étudier la modification des paysages de France. Les photos passent du noir et blanc à la couleur et il nous explique l’importance de photographier pour rendre compte des changement dans un pays.

Sans que cela ne soit prévu ainsi et après deux changements, je présente finalement la série “ à la recherche d’une âme perdue” après la conférence de Thierry au sein de l’Institut Français. Mes photos intriguent. Les couleurs sont vivent et les contours flous, le public me dit qu’il ne sait pas s’il est dans mes souvenirs, mes pensées ou dans mes rêves. Je discute avec les visiteurs sur ma démarche dans la réalisation de ce travail que j’ai entrepris suite à la disparition de ma grand mère en 2015. Mes échanges avec le photographe Bruno Boudjelal auteur du livre “Algérie clos comme on ferme un livre” et lauréat du prix Nadar 2015, m’a permi de trouver comment construire cette série à la fois intime, sensible et revendicatrice.

Il est midi, c’est la présentation du travail de Kheirddine Boudheb qui révèle des clichés d’oiseaux pris au petit matin. Les couleurs sont très douces. Les organisateurs ont prévu un bon déjeuner en groupe.

Une fois les ventres bien restaurés, “ Les nomades algériens” propose une sortie photo. En même temps à lieu un atelier sur le portrait en studio proposé par Canon Algérie.

Après les travaux pratiques, tout le monde va au vernissage de l’expo de Samir Maouche sur les femmes kabyles tisseuses à la galerie Art’Weka. Son travail rend compte du processus de tissage dans les villages de kabylie. On y voit des métiers à tisser, de la laine et des femmes gardiennes d’un savoir faire ancestrale.

Puis la journée se termine enfin par la projection d’un film documentaire de Reza Deghati “ derrière l’objectif” que je n’ai pas pu visionner. Malheureusement, j’ai du partir avant le couscous du midi, mais j’ai pu voir le travail de Kheirddine, celui de Chater Aid et l’expo du collectif El warcha. Quant au travail de samir, je le connaissais déjà. Je suis rentrée après des aux revoirs nostalgiques à toutes les personnes avec qui je venais de passer deux longs jours d’échange et de réflexion.



Samedi : C’est le dernier jour des journées de la photo. Je n’y suis plus physiquement, mais suis de loin ce qui se déroule. Stephane Zaubitzer présente son travail sur les salles de cinéma de la rive sud de la méditerranée. Ensuite, le public fait le tour des expos Off qui ont lieu dans plusieurs endroits de la ville, au musée Ahmed Zabana ou encore au Café Bonbon, au Restaurant Marmita et Arina Food. Les sujets sont variés, les photographes participants sont nombreux et originaires des quatres coins du pays.

En début d’après midi Canon anime un second atelier pour les amateurs de vidéo cette fois ci. Le dernier vernissage à lieu à la galerie Art’wika où est présentée la série “Mer/Mère” de Zakaria Kheddam.

C’est la fin, rendez vous l’année prochaine.


Article par : Liasmine Fodil