ZIED ZOUARI : UN INCROYABLE TALENT! INTERVIEW AVEC LE VIOLONISTE TUNISIEN



Issu d’une famille artistique par excellence à Sfax en Tunisie, Zied a respiré les notes dés son enfance , ou ses doigts ingénieuses osaient à commencer de jouer le piano à l’âge de cinq ans ,puis a entamé son long parcours de formation en musique à sept ans , ou il se forgeait d’un long cursus académique en musique et musicologie jusqu’à l'obtention d’un doctorat au Sorbonne , de paris ,pendant cela ,il se papillonnait sur plusieurs stations, concours, participations internationales dont il s’est toujours marqué ses passages.


Parlez nous de vous Zied, et les premières stations marquantes qui ont boosté votre carrière musicale ?

Dans la vie d’un artiste, chaque rencontre est une aventure ! Certaines sont plus marquantes que d’autres comme celle où j’ai eu l’honneur de jouer avec la légende libanaise du chant arabe Feu Wadii Safi au festival International de Carthage en 1999. C’était pour moi l’entrée dans le monde professionnel par la grande porte. S’en suit après la tournée avec le guitariste de Jazz français Sylvain Luc. La collaboration avec Imed Alibi était également d’un grand apport pour moi.



Vous avez toujours été attiré par la diversité, comment avez-vous concrétisé cette envie d’explorer d’autres couleurs musicales ?

L’envie d’explorer le monde à travers la musique remonte à ma plus jeune enfance quand j’ai commencé à relever en autodidacte les solos du maître indien Subramaniam ou encore les chorus Jazz de Stéphane Grappelli. Cette ouverture à l’autre est non seulement une nécessité de découvrir les autres cultures du monde mais aussi une forme d’émancipation et de tolérance qui nous est indispensable de nos jours face aux cruautés et aux malheurs dus à l’incompréhension de l’autre. En ce sens, l’art est la solution !



Quel était l’impact du patrimoine pendant votre parcours, et quelle était sa place ou son importance ?

L’influence tunisienne est omniprésente dans mes compositions. La référence à son propre patrimoine est crucial dans tout processus de création ou de fusion avec d’autres musiques. C’est cette identité culturelle qui permet justement de distinguer l’empreinte d’un artiste et qui le différencie de tous les autres.


Votre formation académique supérieure est marquée par la musicologie, cela était un choix personnel, ou une obligation artistique pour votre carrière ?

Mon parcours doctoral en musicologie était la continuité de mes études en musique que j’ai commencé à l’institut supérieur de musique de Sfax. Si aucun lien direct n’est établi avec ma carrière d’artiste, je me suis rendu compte avec du recul que cette profondeur de réflexion scientifique avait un impact très constructif dans le processus de création artistique.


Quels sont les projets importants qui ont marqué votre carrière ces dernières années ?

Deux projets m’ont profondément marqué. Le premier est mon album Maqâm Roads qui m’a réuni avec le batteur franco-arménien Julien Tekeyan et le chanteur et bassiste turc Abdurrahman Tarikci. Quant au deuxième, il s’agit d’une rencontre au sommet avec le fameux chanteur et guitariste serbe Goran Bregovic où j’étais invité en tant que soliste dans son nouvel album « Three Letters From Sarajevo »


Quels sont les futurs projets de Zied Zouari, en phase de préparation et sa vision lointaine dans l’accomplissement de vos objectifs ?

Comme tous les artistes du monde, mes projets en cours ont été impactés par la crise du Coronavirus. Si le confinement imposé partout a fortement perturbé mon calendrier, il m’a permis de me pencher sur des chantiers artistiques qui étaient jusque là dans les terroirs. J’ai aussi pris pas mal de recul quant aux projets à réaliser dans le court et moyen terme.

J’envisage d’ici la fin de l’année de sortir un nouvel album en France de mon groupe Electro Btaihi, formé en 2016 avec le beatboxeur Imed Twinlo et le guitariste Ghassen Fendri. Avant cela, un hommage aux îles tunisiennes Kerkennah et Djerba aura lieu à travers un nouveau projet appelé « Papillon de la Mer ».


Il y a également une commande de l’Opéra de Lille pour la création d’une nouvelle pièce de théâtre « Mawâl de la Terre » avec le concours d’artistes tunisiens, français, égyptiens. C’est une nouvelle partition qui verra le jour le 25 Novembre 2020.

Dans un autre contexte, je m’aventure en ce moment sur un grand chantier musical qui consiste à la composition de ma première symphonie qui s’appellerait « Symphonie de la Paix » inspirée du livre « Harcèlement » du jeune écrivain tunisien Amir Fehri, ambassadeur de la francophonie dans le monde.


Article par : Mehdi Felfoul