DE LA FIGURATION À L'ABSTRACTION. LUMIÈRE SUR MARC ROTHKO, LE PEINTRE DE L'AU-DELÀ


De son vrai nom Marcus Rothkowitz, devenu en 1940 Mark Rothko est un peintre américain né le 25 septembre 1903 à Dvinsk dans l’actuelle Lettonie. Il fait ses études à la Lincoln High School à Portland et intègrera par la suite l’université YALE.

Dès 1929 Rothko devient professeur de dessin, puis fonde en 1934 l’Artist Union de New York. Il était par ailleurs un être très cultivé, grand lecteur de Nietzsche et de mythologie grecque. Vers la fin des années 1940 Rothko développe à coté de ses amis Barnett Newman et Clyfford Still une nouvelle façon et technique de peindre, le « Colorfield Painting » donnera à l’artiste accès à une nouvelle forme méditative qui lui permettra d’accentuer sa singularité et donner cette possibilité à la couleur et à elle seule de transporter le spectateur instantanément dans une ère jusque-là méconnue, et de ce fait la couleur devient un moyen d’accès et non une fin en soi.

« En évoluant dans le temps d'un point à l'autre, l'œuvre d'un peintre progresse vers la clarté, vers l’élimination de tous les obstacles se dressant entre le peintre et l'idée, entre l'idée et le spectateur. » écrivait Rothko.


Après quelques années d’expressionnisme figuratif empreint de considérations sociales, intellectuelles et humanistes, et après quelques années de surréalisme où s’affirme déjà cette division horizontale qui sera par la suite sa marque de fabrique, toute illusion figurative disparait de ses toiles pour ne plus jamais y revenir. Laissant d’un coup tout son héritage artistique, l’artiste s’exprimera désormais par le rectangle et par lui seul.

A ses débuts Rothko été parti pour faire du théâtre, et l’idée de représenter dans un cadre fermé, clos, un drame humain, était quelque chose qui l’a tout de suite attiré. La première fois où Rothko a mis les pieds dans une école de peinture à New York a vu des femmes poser comme sujets pour les artistes, et il dira à propos de ça : « c’est ça que je veux faire, je veux rendre compte de ce qui l’en est de la figure humaine ». Allant d’exposition en exposition et faire le tour des galeries pour voir le travail des autres artistes, il a décidé qu’il avait échoué à rendre compte de la figure humaine ! combien même d’artistes sont venus à l’abstraction par ce qu’ils ont échoué à rendre compte de la figure humaine ?!


Comment peut-on aborder ce sujet sans mettre la lumière sur le travail génialissime de l’artiste photographe Algérienne Lola Khalfa ? en contemplant ses œuvres, en l’occurrence « Poussière » et « éphémère » on se rend compte de quelle manière l’artiste a su donner à un support lisse une profondeur infinie, mêlant plusieurs techniques à une approche très singulière Lola est arrivé à ce que Rothko espérait toute sa vie, c’est-à-dire rendre compte de ce qui l’en est de la figure humaine et plus encore ! le travail sur le flou et les superpositions nous donne une profondeur jusqu’aux comportement « quantiques » de notre existence, pour les amoureux de la science et de la physique en particulier en y voit clairement des phénomènes tels que la superposition quantique ou l’intrication quantique. En arriver à dire d’avantages avec peu de moyen relève tout simplement du génie.


Dès le début des années 1950, la carrière de Rothko connait une ascension fulgurante, ses toiles grandissent et son colorie s’assombri progressivement, et c’est par là qu’il trouve cette dimension spirituelle unique ou presque dans l’histoire de la peinture.

« Je veux exprimer une idée complexe en termes simples, je suis pour les formes planes car elles détruisent l’illusion et révèlent la vérité » écrivait Rothko dans un article paru au New York Times.


Atteint d’un anévrisme de l’aorte, Mark Rothko se voit interdire les grands formats, lui qui se voyait comme un peintre inclassable fini par se donner la mort dans son atelier le 25 février 1970 laissant derrière lui un héritage immatériel et beaucoup de questionnement.


Article par : Bizek Debili