JEAN MICHEL BIHOREL

Son art intègre les notions du surréalisme et de la virtualité, de la sculpture et de la nature qu'il met en relation pour faire passer une panoplie d’émotions à travers ses œuvres. Jean Michel BIHOREL est un artiste numérique basé en France. Ces créations dévoilent souvent des structures naturelles réalisées d’une façon purement abstraite, comme des collections florales ou des paysages délicats, où ils semblent provenir d’un monde virtuel souvent à saveur futuriste.

Qui est Jean Michel BIHOREL ?

Je suis un artiste numérique vivant en France. Je travaille aussi pour les effets visuels au cinéma et je suis le co-fondateur d’une école d’animation 3D nommée Creative Seeds.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans le milieu artistique? Et comment définiriez-vous ce que vous produisez?

Mes deux parents sont artistes plasticiens. J’ai donc toujours été en contact avec la création. J’ai cependant découvert, assez jeune, l’univers de l’art numérique et j’ai tout de suite adoré la liberté d’expression que cela apportait. Sans contraintes de matières, il n’y avait pas de limites à l’ampleur des créations. Je n’ai compris que plus tard que cette absence de limite était aussi bien une force qu’une faiblesse de ce médium.
J’ai tout d’abord fait des études de graphisme 3D, puis, j’ai travaillé dans le secteur de la publicité et du cinéma d’animation. J’ai cependant toujours gardé une production personnelle pour expérimenter des modes d’expression plus originaux.

Pour vous, quelles sont les différences entre la sculpture numérique et les formes d’art traditionnelles ?

Pour moi, la 3D n’est qu’un nouvel outil. Il faudrait un peu de temps pour qu’elle soit considérée comme tel, j’ai l’impression, mais toutes les règles de couleur et de composition classiques peuvent s’y appliquer. Et ces mêmes règles peuvent tout aussi bien être remises en cause si l’artiste en exprime l’envie. Tout ceci me fait dire que la 3D n’est qu’un nouvel outil qui doit trouver sa place dans le paysage de l’histoire de l’art.
Tout cela évolue d’ailleurs très vite, il commence déjà à y avoir une différenciation entre la 3D « classique » et la 3D en réalité virtuelle. J’utilise aussi la réalité virtuelle comme outils de création 3D. Et encore une fois, je pense que ce n’est qu’un outils permettant d’aborder la création d’une autre manière. Au final, le résultat après impression, est toujours le même; des formes, des contrastes et des couleurs qui véhiculent des sensations au spectateur.

Pourriez-vous nous expliquer votre processus de création?

Ma production personnelle est assez spontanée. Mes projets naissent d’envies visuelles principalement. Un jeu de matière ou un jeu de lumière peut être suffisant à susciter l’envie de créer une nouvelle image. J’ai souvent une idée assez précise au début d’un projet, puis sa forme émerge au fur et à mesure pour parfois être totalement différente de ce que j’avais initialement imaginé.
En opposition totale avec le processus rigoureux qu’impose la fabrication d’un film en images de synthèse, je me laisse donc une souplesse de décision assez large quand je crée mes œuvres personnelles.

Parlez nous de votre série “Flower Figures”. En quoi consiste cette réflexion?

Un jour, lors d'une promenade, j'ai trouvé une tête d’hortensia séchée. Je trouvais la structure fascinante par sa légèreté et sa fragilité. Cela m'a donné l'idée d'en faire une sculpture. J'ai trouvé que le corps de la femme avait les mêmes attributs; léger et sensible. La combinaison des deux m'a donc semblé naturelle. Le processus de création de cette image a été très plaisant, j'ai donc eu envie de le mélanger à d'autre matière elles mêmes fragiles et gracieuses pour créer d'autres images dans la même veine.

Comment voyez-vous l’équilibre entre réalisme et expressivité dans vos œuvres et Comment l’interprétez-vous ?

Pour moi, le réalisme est un point assez important dans la création de mes images. Cela me permet de les ancrer dans une réalité, dans un contexte un peu plus classique pour aider les gens à se les approprier. Un univers trop clairement fantastique ou digital risquerait, selon moi, de briser la poésie. Ceci dit mes sujets sont clairement surréalistes, mais la matière est toujours l’élément qui aide cette poésie à trouver une forme concrète et intemporelle.

Pourquoi choisir de traiter le corps humain ?

Le corps humain est un vecteur d’expression très puissant. La posture et le traitement de sa surface suffisent à faire passer beaucoup d’émotions. C’est donc un choix assez naturel pour moi car mes images sont souvent assez minimalistes au niveau de la narration. Le corps humain joue aussi un peu un rôle de chaînon manquant dans mes images. Il a toujours été au centre de la création dans l’histoire de l’art. L’intégrer dans mes images permet aussi d’entremêler encore un peu plus l’art classique et l’art numérique pour qu’on finisse par effacer cette distinction.

Des projets futurs ?

Nous avons fondé une école de cinéma d’animation avec des collègues il y a deux ans et je n’avais donc pas beaucoup de temps pour mes créations personnelles dernièrement, mais cette année devrait être plus riche en nouvelles propositions plastiques.

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